Présentation

Images Aléatoires

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Lundi 11 février 2008 1 11 /02 /2008 10:48

Bonjour,

Je vous  transmets deux videos traitant d'un artiste talentueux et très sympathique, monsieur Gilbert PILLER

Le clip de présentation



Un court sur la mise en place de l'exposition

 

Par Emilie et Thomas - Publié dans : peinture
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Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /2007 15:57

Depuis quelques années l’art contemporain semble ressentir un frémissement du retour au figuratif, voir à l’hyperréalisme.  La question que j’aimerai développer s’articule autour de cette résurgence. Pourquoi un tel retour après l’abstraction ?

Pour avancer une hypothèse, nous devons envisager l’art contemporain sous la vision du marché de l’art car l’art se vend, autant aux musées, qu’aux institutions et et aux particuliers.

 

Sous l’ancien régime nous avions deux types de mécènes : le privé et les Grands sous couverts d’institutions ou de gouvernements (les rois, papes et autres grands princes). Durant plus de 5 siécles l’art s’est partagé entre ces deux commanditaires, avec pour le domaine du privé, une attente intimiste, tandis que les grands recherchaient un art ostentatoire, d’où une évolution de la peinture d’histoire avec des formats de plus en plus importants (tels Lebrun sous Louis XIV). Le grand bouleversement se fait à la fin du XVIIIe siècle, avec la création des premières grandes institutions muséales ouvertes au public : le British muséum en 1753 et le Louvre en l’an V (1793). Ces premières institutions nationales de grande ampleur ne vont cesser de s’accroître durant les deux siècles suivants. Au début du XXe siècle, le monde compte plusieurs grands musées qui ont littéralement vidé le marché de l’art des plus belles pièces disponibles. C’est à partir de cette date que faute de « matière premières » le marché de l’art contemporain va se séparer des « antiquités » pour profiter au mieux du système. Car les artistes au cours du XIXe se sont habitués aux salons et aux commandes d’état qui correspondent à la gloire posthume pour tout artiste. Au cours du XXe siècle, cette tendance va s’amplifier avec la constitution des musées d’art contemporains qui vont donner l’occasion aux artistes de présenter des œuvres décalées, inclassabes, disproportionnées, dérangeantes et souvent excessives. En effet les musées, tels que Beaubourg ou la Tate modern qui n’hésitent pas à acheter des millions pour des œuvres de commande entraînent une surenchère des œuvres décalées. Beaucoup d’artistes aujourd’hui ne considèrent plus la clientèle privée comme intelligente ou amatrice d’art et ne désirent qu’être exposé au saint des saint : l’un des trois grands musées d’art contemporains. Pour y arriver ils s’en donnent les moyens, happening, œuvres de tailles colossales, installations. Ces œuvres d’art sont faites pour des espaces totalement muséaux qui s’éloignent de plus en plus de la vie pour ressembler à de grandes boites de béton vides que l’on remplit avec des palmiers lumineux en se poudrant le tout de faux beaux sentiments d’humanitaire. L’art contemporain muséal c’est totalement détaché de la société contemporaine et nous assistons à un réel schisme entre les partisans et les détracteurs de ces institutions. Elles entraînent un élitisme de l’art, une intellectualisation du concept, une pédentisation artistique. Le mot est fort, mais souvent juste. Les vernissages des musées d’art contemporains en sont la preuve : 5 000 invités, sponsors, jeux de lumières, show, défilés. Tout un univers si importants que l’on en oublie l’œuvre en elle-même. Mais réfléchissons raisonnablement, sur le long terme. Qui verrait chez lui un palmier lumineux de 5 mètres de haut, ou une tour en béton armée de 25 mètres ? Le marché privé n’adhère pas en général à cet art, car il ne s’y reconnaît pas. C’est pourquoi on constate un vif retour du figuratif pour une clientèle privée qui veut pouvoir posséder de l’art chez soi sans être obliger de faire un trou dans le plafond ou d’installer une centrale électrique pour éclairer les 1 000 diodes d’une applique géante. Ces néo-figuratifs, comme Elena et Michel Gran s’inscrivent dans une recherche de l’esthétique, une nouvelle esthétique pour être précis. Pour eux avant tout l’art doit être beau. Ne confondons pas avec décoratif qui serait péjoratif. Ces artistes comme Stuart Luke Gatherer dans la peinture ou Nan Goldin dans la photographie présente un univers sombre mais avec une esthétique captivante qui trouve un public large d’où des prix tout à fait correctes (plus 70.000€).

Si nous avons une vision globale du système, il ne faut pas opposer l’art le néo-figuratif à l’abstraction, mais plutôt comme une visibilité d’un refus de l’institution muséale qui fonce à tombeau ouvert vers un elistisme de l’art. Tout le monde le répète l’art contemporain vient du conceptuel qui découle de l’abstraction qui suit le cubisme lequel  par opposition du néo-classicisme…Si nous remontons dans l’art nous constaterons qu’une seule réellement rupture avec la peinture de la seconde Ecole de Fontainebleau, mouvement peu connu de la fin du XVIe siècle en France. Suite à la renaissance, les artistes ne pouvaient surpasser les trois génies que sont Raphael, Michel Ange et Léonard, ils devaient donc procéder autrement et ils ont créer le maniérisme, très rapidement cet art c’est complexifié de plus en plus pour atteindre la seconde école de Fontainebleau qui a des accents de fauvismes (voir Angélique et médor de Toussaint Dubreuil, 1575, Louvres). Cet art était devenu si abscons pour les mécènes et contemporains qu’il dut être abandonné.

Actuellement l’art contemporain muséal s’appuie sur un seul principe : l’originalité. La primauté de l’idée, du concept a pris le dessus sur l’œuvre elle-même. Depuis Picasso et Kandinsky, chaque artiste doit trouver et imposer une nouvelle notion, un nouveau développement conceptuel. C’est une fuite en avant, une course perdue d’avance. Les musées n’offrent des crédits qu’aux artistes qui proposent quelque chose de différent, de sensationnel. Nos filons vers l’art spectacle ou le spectateur est prisonnier d’un système qu’il ne comprend pas. Actuellement les gens sont si éloignés du système muséel contemporain qu’il préfère en rire. L’instrusion de l’humour dans les œuvres récentes n’est pas un fait du hasard, il permet de dédramatiser une conceptualisation boutiste du système.

Le néo-figuratif semble de plus en plus trouver sa niche auprès du public de connaisseurs qui peuvent se créer un référenciel, tandis que l’art contemporain muséal s’articule sur une complexification grandissante limitée à quelques esthètes qui ouvre la voix vers une création d’une fracture culturelle. La question que nous pourrons voir est l’émergence de musées internationaux qui vont se transformer en multinationale comme le Louvre, est-ce que cette tendance va permette de réconcilier l’art contemporain et le spectateur ? Où va-t-on poursuivre vers une fuite en avant…

Par Thierry Tessier historien d'art
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Lundi 28 mai 2007 1 28 /05 /2007 21:06

 

 

Lettre à ceux qui n’aiment pas la Statue d’Edith Piaf

 

 

 

 

L’œuvre de Lisbeth Delisle est difficile.

 

Elle ne caresse pas l’amateur dans le sens du poil, on ne caresse pas les sculptures de Delisle.

 

Elle refuse de se compromettre ni avec le beau convenu, ni avec le gentil décoratif.

 

Elle construit, déconstruit, agence, accouple, et décuple dans l’espace, des pleins et des vides imbriqués les uns dans les autres, qui se répondent en une gestuelle lisible et rythmique.

 

Elle suggère personnages et décors, joue avec la lumière, qui d’heure en heure les anime d’ombres portées.

 

Le regard attentif de ses sculptures révèle un univers poétique un cubisme flou, impressionniste où, plan après plan, rebondit la musique de la lumière.

 

Ainsi, pour interprétation d’Edith Piaf, Lisbeth regrette, de n’avoir pu disposer d’un temps suffisant de recul, de réflexion qu’elle consacre habituellement à ses créations, afin que la synthèse entre le sujet et la forme puisse s’affiner, s’équilibrer et rayonner en harmonie.

 

La personnalité d’Edith Piaf, par sa dimension mythique ne peut qu’obliger l’artiste à transcender, à faire chanter, crier les formes. Lisbeth l’a certainement conçu de cette façon.

 

Il a fallu un courage certain aux commanditaires pour engager cette œuvre commémorative.

 

Pour ma part j’y trouve mon compte, je vois, je ressens la Môme qui bouillonne sous sa petite robe, elle décolle du pavé parisien, je l’entend chanter pour le monde entier les joies, les bonheurs et les souffrances des gens simples, et je m’attends a ce qu’un petit bourgeois bien pensant lui jette une obole.

 

Cette sculpture participe à l’auréole de la grande dame de la chanson. Elle est un hymne à l’espoir.

 

L’espérance d’une artiste qui cherche, qui travaille à traduire, à exprimer avec courage l’essentiel, l’amour, le vrai et qui ne sacrifie en aucun cas l’imagerie conventionnelle ou se plait la critique bienséante.

 

Par Thomas - Publié dans : sculpture
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Jeudi 17 mai 2007 4 17 /05 /2007 19:08
 
 

La France se dit le pays des droits de l’Homme, l’histoire nous apprend que les droits de la femme se développent réellement sous le XXe siècle et en particulier après la seconde guerre mondiale. Pourtant les historiens de l’art en général ont totalement occulté les revendications de l’Union des Femmes Peintres et Sculpteurs qui fut pendant près d’un siècle l’un des mouvements féministes des plus mondains mais aussi des plus efficaces, je pense qu’il est temps de rendre hommage à l’UFPS.

 

Sous ces initiales se cachent l’Union des Femmes Peintres et Sculpteurs qui exista de 1881 jusqu’aux environs des années 1990. Ce regroupement vit le jour grâce à Hélène Berthaux (1825-1909), femme sculpteur de la fin du XIXe siècle qui revendiqua l’entrée des femmes à l’école des Beaux de Paris et réclama un fauteuil sous la coupole de l’Académie des Beaux-Arts. Bien que très reconnue et appréciée à l’époque, Hélène Berthaux ne réussit pas à fléchir les autorités. C’est pourquoi en 1881 elle ouvrit une école des beaux-arts réservée aux femmes françaises et catholiques dans sa demeure. Elle créa la même année l’Union des Femmes Peintres et Sculpteurs. Il faut noter qu’à cette époque seule l’académie Juilan accepte les femmes depuis l’année 1880 mais elles doivent s’acquitter à des droits d’inscription deux fois supérieurs aux hommes. Marie Bashkirtseva (1860-1884), raconte dans son journal intime, l’ambiance difficile de cette académie. Le but de ce regroupement initié par Hélène Berthaux est d'organiser un salon annuel et de promouvoir la production des artistes femmes françaises et catholiques. Il faut noter que cette restriction est une volonté de se concentrer sur la position de la femme et non de combattre toutes les injustices. D’autant plus que dans les faits la religion n’aura pas tant d’incidence que les statuts les prévoient puisque la baronne de Rotchild sera une des présidentes honorifiques bien des années plus tard. Cette association, reconnue d’utilité publique dès 1892, a accomplie sa mission jusqu’en 1990. Elle compte plus de 600 membres en 1942. Ses présidentes célèbres comme la duchesse d’Uzès ou la baronne de feu James de Rothschild permirent de considérer ce salon annuel comme un événement mondain très couru. Chaque année l’association organise un grand salon où les femmes peuvent vendre elles-mêmes leur travail, jusqu’à plus de 1500 toiles seront exposées. Le lobbying mondain que va exercer l’association sera de grande importance, car la plupart des femmes présentes dans l’association comme Madeleine Smith-Champion (1857-1940) sont de véritables bourgeoises entretenant une maison avec une importante domesticité et se présentant aussi comme artiste. Leur revendication ne sera jamais violente mais tout aussi efficace, par leur moyen financier, par l’organisation de mondanités, elles arriveront à montrer que les femmes aussi peuvent s’organiser et se vendre par elles-mêmes. Il faut signaler que les femmes furent acceptées aux Beaux-Arts en 1896 et qu’elles participèrent enfin au prix de Rome en 1903 (Lucienne Heuvelmans sera la première à le remporter en 1911 en sculpture et Melle Odette Pauvert en 1925 pour la catégorie de peinture). Ces victoires sont l’héritage direct du prosélytisme de l’association.

 

 

Pourtant je suis surpris par le fait que rare sont les personnes, même parmi les spécialistes, qui connaissent l’Union des Femmes Peintres et Sculpteurs et son rôle dans l’histoire de l’art. Et je considère dramatique que l’histoire du féminisme soit ainsi méprisé. Durant mes recherches, le document le plus fournit que j’ai trouvé n’est pas très glorieux. Puisqu’il a été établit en 1942 par la préfecture de Paris lors du recensement de toutes les associations de la capitale sous la demande de l’occupation allemande. Le but initial était de connaître les associations dangereuses envers le régime et de les dissoudre. L’UFPS survécut à la guerre et organise ensuite encore de belles expositions au palais de Tokyo dans les années 60, mais l’association disparut dans les années 1990 sans laisser d’archives, ni de documents. La perte pour l’histoire de l’art et de l’évolution de la société est irréparable.


Thierry Tessier, historien d'art


Voici un bref historique reconstitué :

L’union des Femmes peintres et Sculpteurs

 

1881 Manifeste du 7 août 1881 dans le journal Henri IV par Bertaux.

1882 25 février 1882 premier salon de l’UFPS salle Vivienne

1892 16 juin 1892 Décret d’utilité publique de l’UFPS

1896 femmes rentrent aux beaux arts grâce en partie à l’action militantiste de l’UFPS

1903 18 décembre 1903 Virginie Demont-Breton démissionne de la présidence de l’UFPS pour des soucis de politique, il semble que l’association est essuyée des rumeurs de féministes voir pire mais aucune information précises pour le moment.

Nouveau bureau en 1903 :

Présidente d’honneur : Duchesse d’Uzès.

Présidente : Mme Huillard

Vice présidente Mme Faux-Froidure

Secrétaire : Mme Guillaumot-Adam.

1914 15 mai 1914 :

diner de l’UFPS : 178 sociétaires y assistent table d’honneur : la duchesse d’Uzès et R. Collin et d’autres personnalités.

1922 Catalogue du 40° salon annuel de l’UFPS organisait au Grand Palais

les membres d’honneur de l’union étaient :

_Emile Loubet

_Baschkutseff

_Chauvin

_Guy

_Herbet

_Houdart

_Duchesse de Luynes

_Fanny, Marc

_Comtesse de Martel

_Peyrol

_Baronne James de Rotschild

_Roger Ballu

_Duchesse d’Uzée( née de Luynes) (1847-1933)

1934 figaro du 16-07-34 par Jean Louis Vaudoyer :

Duchesse de la Rochefoucault poète au pseudonyme de Gilbert Mauge fait partie de l’UFPS.

 

 

1942 Archives de la préfecture de Paris :

15-12-1942 (M/D 24.12.42)

 

L’association dite « union des femmes peintres et sculpteurs » fondée en 1888 a été déclarée d’utilité publique par décret daté du 16 juin 1892.

Son siège social est situé depuis de nombreuses années au 126 Bld Pereire à Paris (17).

Aux termes de ses statuts cette association a pour but de représenter et de défendre les intérêts généraux des femmes artistes, de produire leurs talents, notamment par l’organisation d’expositions annuelles.

Elle se compose de membres titulaires et de membres titulaires et de membres d’honneur.

Sont membres titulaires, les femmes artistes qui par demande écrite, adressée à la présidente, auront été agréés par le comité. Les nouvelles sociétaires devront signer suivant le nouvel arrêter par le comité leur adhésion aux membres statuts.

Le statut d’honneur peut-être conféré gratuitement aux personnes qui ont rendu les services à l’art ou à la société ou par la participation de 30 francs maximum. (…)

Les fonds proviennent :

_Cotisations de 25fr.

_Legs et dons

_Subventions

_Action à titre exceptionnels (quête, loterie)

_Droit d’entrée aux expositions et la vente du catalogue.

Les fonds sont affectés à :

_L’organisation d’exposition annuelle

_Création d’un fond de réserve

_Publication du « Journal des femmes artistes » envoyé gratuitement aux sociétaires. (…)

le Bureau :

_Présidente : Mme Debillement-Chardon.

_Vice Présidente : Mme Frévrille

_Vice Présidente : Mme Girardet

_Trésorier : Mme Vion

_ Secrétaire : Melle Michaux (…)

Ces femmes ne faisant pas partis du fichier du service juif, ni de mouvement politique (…)

L’association compte 400 adhérents.

1944 L’UFPS organise dans le cadre de son salon trois conférences au palais de Tokyo le 5 février 1944 sur « Louis Hervieu l’artiste, l’écrivain et la femme d’action » par M. Marc Chesnau vice président de la société des poètes Français. (peinture de Louis Hervieu dans le salon carré)

1990 Dialogue et UFPS organise une exposition ensembles.


Bibliographie limitée :

dictionary of woman artists/ edition Delia Gaze- London, Chicago, Fitzroy Dearborn publ. 1997 (2volumes) p 253

Lami S. Dictionnaire des sculpteurs de l’école française au XIX° tome I p108-111.

Bénézit

 

 

Par Thierry Tessier historien d'art - Publié dans : sculpture
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Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /2007 23:04

On a tous en mémoire certaines peintures préhistoriques redécouvertes parfois quelques siècles plus tard par les hommes dans ces grottes que le temps a isolées. On retrouve donc l'art pariétal dans les origines de l'homme. A cette époque préhistorique, les murs des grottes étaient pour les hommes le meilleur support pour dessiner et donc par la même de communiquer entre eux.

Cependant cet art ne s'est pas arrêté là mais s'est modernisé en prenant comme support l'architecture. L'un des plus célèbres muralistes est le Mexicain Diego Riveira. Cependant ce dossier va se centrer sur la ville de Paris et l'essor des " murs peints " vers les années 1970. L'essor de ces peintures murales a été favorisé par la politique culturelle de la ville de Paris. L'architecture inspire non seulement ces peintures mais sert en plus de support, exposant ainsi cet art aux yeux des passants et des habitants provoquant donc des réactions diverses.

La politique culturelle de la ville de Paris

L'origine même de ces peintures se trouve dans la politique culturelle de la ville de Paris. En effet un organisme spécial gère tout ce qui a attrait à l'aménagement urbain. André Hofmann est responsable des murs peints à la Direction de l'aménagement urbain de la ville de Paris. André Hofmann est lui-même sculpteur. Il est à l'origine du grand changement : il a permis à l'art contemporain de s'exprimer et de prendre la place des trompe-l'œil rococo ou des façades style Renaissance. Il a déclaré : "je trouvais que le trompe-l'œil n'était plus du tout représentatif de l'esprit créatif de notre époque. C'est pourquoi j'ai convaincu la mairie de confier à des artistes contemporains le soin de peindre des fresques sur les murs de la capitale ". Il est donc à la base de cette idée originale.

La ville de Paris est le principal mécène. A l'origine, le mécénat émanait plutôt de la volonté d'un dirigeant d'entreprise. Cela permettait à un artiste de s'extérioriser et donnait en plus une image de marque à l'entreprise. Mais le mur peint est maintenant pour une grande part le fait de la commande publique. Son développement dépend donc assez largement d'une volonté


politique qui a un soucis d'intervention au niveau de l'action culturelle et de l'environnement urbain. Cette volonté politique va bien au-delà de la demande exprimée par le grand public comme nous le montre les réalisations de ces dernières années. C'est la Direction de l'aménagement urbain de la Ville de Paris qui décide de prendre ou non tel ou tel artiste. Il y a alors réunion d'un jury, en rapport avec les domaines de la politique et de l'art, pour départager les œuvres sélectionnées. Nous pouvons en effet retrouver dans le jury des représentants de musée, des critiques d'art, des représentants des affaires culturelles de la ville de Paris.

Environ trois murs peints sont réalisés chaque année à Paris. Il faut adresser une déclaration de travaux auprès de l'architecte des Bâtiments de France si l'œuvre se situe à moins de 500 mètres d'un Monument historique. L'artiste doit mettre son œuvre "au carreau", c'est-à-dire que sa maquette originale est découpée en petits carrés identiques qui seront agrandis à l'échelle sur le mur. Cependant l'artiste n'est pas forcément celui qui réalisera l'œuvre sur le mur. Le coût moyen d'un mur peint est d'environ 210 euros par mètre carré en sachant que la mairie annonce que la rémunération du concepteur du mur peint n'excède pas 14500 euros.

Les murs peints doivent donc prendre en compte l'architecture environnante pour s'intégrer parfaitement à celle-ci.

L'architecture comme support des murs peints

La réalisation d'un mur peint ne consiste pas à reproduire une œuvre à l'échelle du pignon d'un immeuble. L'œuvre doit s'adapter dans la ville pour laquelle elle est conçue en rapport avec l'environnement physique et social.

A l'origine des murs peints ont été qualifié - parfois à juste titre - de " cache-misère " des rénovations de la capitale. Ces peintures ont servi à combler des pans entiers de murs aveugles causés par la démolition de bâtiments et par les nouveaux alignements entraînés par l'élargissement des rues. André Hofmann a dit à propos de ce sujet : " Il s'agissait à l'époque de corriger un accident d'urbanisme et non de créer un événement spécifiquement nouveau ayant sa propre existence ".

Par la grandeur de certains bâtiments, l'architecture permet aux artistes de créer à très grande échelle. Cependant l'échelle est parfois une contrainte et la peinture est obligée de s'adapter à


la grandeur de support. En effet le " Piéton " de Rieti sur l'immense mur du Forum des Halles paraissait grandeur nature alors qu'il mesurait en réalité 2,80 mètres. L'artiste a d'ailleurs déclaré que se fut la difficulté majeure dans cette œuvre. La peinture doit donc savoir s'adapter au milieu environnant. L'œuvre de Iréna Dédicova Paysage lunaire montre bien ce rapport entre l'art et l'architecture. L'artiste a pris en compte ces deux bâtiments pour créer son œuvre. Cela donne l'impression que les bâtiments ont été pensé avec les peintures. Un exemple extrêmement frappant montrant ce rapport avec l'architecture est celui de Philippe Rebuffet qui s'intitule Les Pompiers. Cette peinture murale se trouve justement à côté d'une caserne de pompiers. En effet à première vue on n'arrive pas à distinguer le vrai du faux. L'artiste a ici entièrement pris en compte le bâtiment qui lui sert de support pour créer une illusion presque parfaite de la réalité. Les éléments constituants ces murs sont pratiquement de taille humaine. Rebuffet avait déjà fait une œuvre au même endroit qui fut malheureusement détruite lors de la reconstruction du bâtiment. Les habitants se sont mobilisés pour retrouver une œuvre de Rebuffet en organisant diverses actions. Cependant tous les murs peints ne connaissent pas le même enthousiasme de la part des habitants. La peinture murale de Robert Combas au 3 Rue des Haudriettes a surtout déplu aux femmes. Pour ces dernières la femme était ici réduite au rang de femme-objet avec pour fonction d'être une lampe. Or l'artiste n'a pas du tout été compris puisque celui-ci voulait faire passer le message de la femme "lumière de l'homme".

 

Conclusion

 

Le mur peint permet de faire descendre l'art dans la rue pour le montrer aux yeux de tous. Le mur peint est toujours vu, souvent admiré et parfois décrié cependant une chose est sûre c'est qu'il ne laisse pas indifférent. Il contribue aux différentes mutations de la ville et égayé nos architectures. Cet œuvre d'art par son support prend un caractère monumental mais ne peut cependant pas résister comme la pierre ou le métal. On peut quand même imaginer un bon avenir pour le mur peint vu la volonté politique de mettre l'art à la portée de tous en le rendant plus accessible.

Par Emilie - Publié dans : urbanisme
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